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Médecine, pharmacie, dentaire : ce qu’il faut savoir sur le nouveau statut

Par Lesinfos -le

Médecine, pharmacie, dentaire : ce qu’il faut savoir sur le nouveau statut
Publié au Bulletin officiel, le nouveau décret encadrant les études de médecine, pharmacie et médecine dentaire rebat les cartes de la formation médicale au Maroc. Statuts, stages, internat, obligations professionnelles et couverture sociale : le texte redessine le parcours des futurs professionnels de santé.

Le chantier de réforme du système de santé marocain franchit une nouvelle étape. Un décret publié au Bulletin officiel du 4 mai 2026 vient fixer un nouveau cadre juridique pour les étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire. Le texte redéfinit leur statut, précise leurs missions au sein des structures hospitalières et encadre désormais leur parcours académique et professionnel de manière plus stricte.

 

Signé par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et contresigné par plusieurs ministres concernés, ce décret s’inscrit dans la dynamique de restructuration du système de santé national, portée notamment par la mise en place des groupements sanitaires territoriaux et le renforcement des ressources humaines médicales.

 

Quatre statuts désormais encadrés

 

Le nouveau dispositif introduit une organisation plus claire du parcours des étudiants en santé. Quatre statuts sont désormais officiellement définis : observateur, externe, interne et résident.

Les étudiants des premières années conserveront le statut d’« observateur ». À partir de la troisième année en médecine et médecine dentaire, et de la quatrième année en pharmacie, ils accèderont au statut d’« externe ». Une étape qui marque leur entrée concrète dans les structures hospitalières.

 

Ces étudiants participeront désormais aux soins, aux gardes et aux activités médicales sous la supervision des médecins encadrants. Le décret renforce ainsi leur immersion progressive dans la pratique hospitalière.

 

Les étudiants de sixième année changent également de dimension. Le texte les considère désormais comme des membres à part entière des équipes de soins. Ils devront assurer des stages hospitaliers à temps plein et contribuer directement à la prise en charge des patients.

En contrepartie, le décret prévoit un congé annuel d’un mois ainsi que des indemnités prévues par les textes réglementaires.

 

Un internat structuré autour du concours

 

Le texte revoit également l’accès à l’internat. Celui-ci se fera désormais via un concours organisé après les quatre premières années d’études.

La durée de l’internat est fixée à deux ans. Durant cette période, les internes intégreront pleinement les services hospitaliers. Ils participeront aux gardes, aux travaux de recherche scientifique ainsi qu’à l’encadrement des externes.

 

Concernant les résidents, le décret leur confère un rôle central dans le fonctionnement quotidien des hôpitaux. Médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes résidents seront appelés à intervenir dans les soins, les urgences, la recherche et la formation académique.

 

Trois années obligatoires dans les structures territoriales

 

L’une des mesures les plus marquantes du décret concerne l’obligation professionnelle imposée aux résidents non militaires. Après l’obtention de leur diplôme de spécialité, ils devront exercer durant trois années au sein des groupements sanitaires territoriaux.

 

Le texte prévoit qu’un départ anticipé devra être validé par l’administration. En cas de désengagement non autorisé, les bénéficiaires devront rembourser les indemnités et les frais de formation pris en charge par l’État.

 

Des mesures transitoires ont également été prévues pour les promotions comprises entre 2024 et 2026. Selon les cas, la durée d’engagement pourra atteindre entre quatre et six ans.

À travers cette disposition, les autorités cherchent à réduire les déséquilibres territoriaux et à renforcer la présence des professionnels de santé dans les différentes régions du Royaume.

 

Une protection sociale renforcée

 

Le décret introduit aussi plusieurs avancées sur le plan social. Les étudiants bénéficieront désormais d’une couverture médicale obligatoire ainsi que d’une assurance contre les accidents du travail et les maladies professionnelles.

 

Le texte encadre également les gardes, les permanences et les modalités d’évaluation des compétences, sous la supervision des facultés de médecine.

Parallèlement, un dispositif disciplinaire a été instauré afin de sanctionner les manquements professionnels ou académiques. L’objectif affiché est de renforcer l’encadrement des étudiants et de mieux préparer leur intégration dans le système de santé national.


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